Faire face à la réaction qui monte

Publié le par Henri LOURDOU

Faire face à la réaction qui monte.

 

Tout d'abord pour comprendre ce qui se passe, ma conviction est qu'il faut penser au niveau mondial.

En effet la globalisation est un phénomène acquis et irréversible : notre monde est devenu un, et ce sera toujours davantage le cas. Ce qui se passe quelque part a forcément des répercussions ailleurs, et nous sommes "tous dans le même bateau".

 

Donc ce qui vient de se passer ce 8 novembre aux Etats-Unis nous concerne pleinement. Et j'ajouterai que c'est hautement significatif de ce qui nous attend.

Pour dire directement les choses : une victoire de Marine Le Pen aux présidentielles de 2017 en France devient une possibilité de plus en plus envisageable.

 

Le sens de la réaction

 

Là aussi, l'exemple américain nous le montre. Cette réaction, devenue majoritaire dans les urnes, est nationaliste, xénophobe, misogyne, homophobe et transphobe, raciste et islamophobe; autrement dit clairement opposée à l'universalité des droits.

C'est une réaction qui érige une certaine identité nationale (mâle, blanche, hétérosexuelle et chrétienne) en rempart (illusoire bien sûr) contre la globalisation et le multiculturalisme universaliste.

 

Comment faire face ?

 

On voit bien qu'il n'est plus efficace de se contenter de condamnations morales, ni de faire appel aux leçons de l'Histoire.

 

Suivre le courant pour le réorienter ?

 

Faut-il donc, comme le font déjà certains, "épouser le courant" pour le diriger dans une autre direction plus acceptable pour l'égalité des droits et la liberté de chacun ?

C'est ce que fait la Droite républicaine, de façon ouverte, la Gauche au gouvernement, de façon contrariée, mais aussi le courant mélenchonien de "la France insoumise", de façon subliminale.

 

Je ne m'arrêterai guère sur les deux premiers cas.

Sauf pour noter que la Droite ruine elle-même ses propres chances en ajoutant à son programme sécuritaire et raciste un volet austéritaire et antisocial qui constitue le contraire de ce qui alimente le vote populaire en faveur du Front national.

Et pour ajouter que la Gauche au gouvernement perd des deux côtés : elle n'en fait pas assez en matière de sécuritarisme et de racisme pour les uns, et elle en fait trop pour les autres.

 

Arrêtons-nous plutôt sur le cas Mélenchon, car il a été jusqu'à présent peu analysé.

On sait que certains découvrent à la faveur des sondages qu'il pourrait dépasser Hollande (s'il se présente) d'une courte tête avec 13 à 15% d'intentions de vote contre 11 à 13%. Mais la principale différence entre eux est qu'Hollande n'est pas encore candidat, alors que Mélenchon a commencé sa campagne depuis plusieurs mois.

Or que nous montre son matériel de campagne ?

-Un effacement de l'identité de gauche marqué par le choix symbolique des couleurs : orange et bleu pâle ont été préférés au rouge et vert de son parti, le PG, dont le sigle, et a fortiori le nom très marqué, le Parti de Gauche, disparaissent totalement.

 

-Une absence de toute référence à un parti politique, induisant l'idée que la politique peut et doit se passer des partis.

 

-Un slogan, sur l'affiche la plus collée à ce jour, mettant en avant comme seuls adversaires Sarkozy et Hollande (mis sur le même plan) avec le mot d'ordre : "je vote, ils dégagent !"

 

Ces trois éléments mis bout à bout dessinent un message hautement dangereux et qu'il convient de dénoncer et combattre.

Quel est-il ? La Droite et la Gauche c'est pareil. Tous les partis sont pourris. Nos seuls ennemis sont les présidents sortants et les deux partis dominants, LR et PS.

 

Avec quel résultat prévisible ? Un appel subliminal à voter Le Pen au 2d tour contre le candidat de "l'establishment" ou de "l'oligarchie"...et donc pourquoi pas dès le 1er tour pour l'électeur-stratège de plus en plus répandu qui choisit de "voter utile" en choisissant le candidat le mieux placé pour figurer au 2d tour ?

 

Cette politique de Gribouille (car on ne doute pas que les militant du PG soient sincèrement antifascistes) est contre-productive. Et nous devons la combattre clairement et frontalement.

 

Oser aller à contre-courant

 

Affirmer clairement nos valeurs et nos principes est plus que jamais indispensable. Nous n'avons pas à nous déjuger ni à battre notre coulpe sur la défense intransigeante de l'universalité et de l'égalité des droits; et donc à combattre sans relâche tous les reculs en ce domaine.

 

La crédibilité de notre combat en cette matière repose cependant sur l'affirmation d'une autre orientation et d'un autre sens à donner à la globalisation : et c'est là tout l'objet du programme politique des écologistes en matière de gouvernance mondiale et locale (multilatéralisme, promotion d'une paix juste et participation citoyenne), de transition économique et sociale (relocalisation, respect de l'environnement et de la santé, éthique animale, revenu universel...).

 

Yannick JADOT est aujourd'hui le seul candidat à porter clairement et sans équivoque ce message : soutenons-le.

 

 

Publié dans unir les gauches

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