Une feuille de route pour 2017

Publié le par Henri LOURDOU

Pourquoi nous sommes des écologistes

qui faisons de la politique

L'année 2016 a été terrible pour notre image, mais en même temps révélatrice de la justesse de notre choix.

Ce qui s'est révélé, et que la rencontre de quelques un-e-s d'entre nous avec les sénateurs, puis les députés écologistes venus rendre compte collectivement de leur mandat lors des Journées d'été de Lorient les 26 et 27 août, a précisé, c'est la difficulté et la pertinence d'un engagement à l'intersection de l'intégrité morale et de la nécessité d'un travail parlementaire basé sur le compromis politique.

Rechercher le point E de la politique

Le point E (pour Efficacité) c'est celui où l'on peut engranger durablement des acquis sur nos idées.

Le récit de leur activité par nos députés et sénateurs confirme et précise deux choses fondamentales :

-En démocratie, malgré toutes les limites de l'exercice, seul le vote de lois permet de dépasser la fragilité des conquêtes basées sur les luttes;

-Ces lois sont le fruit d'un vrai travail parlementaire, réalisé par députés et sénateurs avec leurs collaborateurs salariés (dont le rôle déterminant a été souligné), et qui seul permet la mise en forme des revendications associatives les plus affutées et argumentées.

Face à cette double nécessité, la présence et le rôle de parlementaires écologistes a été déterminant.

La plupart des avancées, même si elles restent très partielles et insuffisantes, sont le fruit de ce travail intense et tenace.

Préserver son intégrité morale

C'est bien sûr ici que le bât a blessé. Inutile de revenir ici sur des cas personnels.

Par contre, il convient de souligner à quel point les pressions de l'Exécutif (Président et Premier ministre) ont été fortes et permanentes sur nos élus, et combien ces pressions disposent de moyens importants.

Le fait qu'une majorité d'entre eux aient su y résister est en soi une victoire.

Qu'il suffise de dire que l'objectif de ces pressions était la disparition des groupes écologistes au Sénat (10 membres requis) et à l'Assemblée (15 membres).

L'existence de ces groupes assure non seulement une visiblité symbolique, mais surtout des moyens d'actions renforcés dans l'activité parlementaire.

Le groupe sénatorial a été sauvé in extrémis par le ralliement d'un sénateur ex-socialiste. Le groupe des députés peut encore être rétabli au 1er octobre si les contacts en cours permettent d'obtenir un 5e ralliement à nos 10 députés actuels.

Ces maintiens marqueront la préservation de l'intégrité morale de nos parlementaires.

Rechercher le compromis politique

Cela reste plus que jamais la clé d'une action politique efficace. Mais les conditions en sont aujourd'hui plus compliquées que jamais.

Malgé la dérive sécuritaire et néo-libérale de l'Exécutif, de nombreux parlementaires socialistes restent fidèles à leurs origines et aux promesses de 2012. C'est ce qui a permis dans la mandature de construire des avancées législatives dans le sens de nos propositions, parfois même avec le soutien d'une partie du centre et de la droite.

L'électorat de Gauche, désorienté, n'attend qu'une chose : la construction d'une nouvelle union sur des bases plus solides qu'en 2012.

C'est la condition pour le mobiliser.

Malgré tous les blocages au sommet de l'Etat, nous devons continuer à nous adresser à lui, non avec le discours de la déploration et de la dénonciation impuissantes, mais avec celui de la proposition ambitieuse.

"Nous sommes dans un monde où il y a de plus en plus d'universalité et de moins en moins d'universalisme. Les nouvelles technologies nous obligent à nous retrouver, à vivre ensemble; mais, comme personne ne sait quelle sera sa place dans ce monde en gestation, chacun a peur, chacun se méfie et se raidit.(...) Mais cette dérive n'a rien d'inéluctable. Les instruments de la modernité nous parviennent avec leur mode d'emploi technique, mais c'est à nous de concevoir leur mode d'emploi moral. Nous devons faire en sorte d'avoir une culture globale qui ne soit pas une culture uniformisante. Le moment est venu de construire, pour la première fois sans doute à cette échelle, une véritable histoire humaine qui englobe et transcende toutes les histoires particulières." (Amin MAALOUF , de l'Académie française, entretien pour le Hors-série "Le Monde-La Vie", "L'Hstoire du Proche-Orient", 2016, p 182).

Avec l'écologie : voir large, haut et loin en 2017

Pour préparer notre avenir dès aujourd'hui

Chômage de masse persistant, montée de la précarité, délitement des services publics d'un côté; attentats répétés de l'autre : notre présent est marqué par des problèmes sociaux et sécuritaires angoissants.

Leur traitement par des mesures précipitées, mesquines et à courte vue ne permet aucune amélioration visible.

Face à cela, la démagogie éhontée de la Droite et de l'Extrême-Droite, parfois rejointes par une partie du Centre et de la Gauche, recourt massivement à la stratégie du bouc émissaire.

L'étranger, le réfugié, le musulman et l'Arabe sont désignés comme la source de tous nos maux; remplaçant le métèque, le Juif, le franc-maçon et le bolchévik des années 30. Tout cela sur fond de nationalisme agressif ("La France et les Français d'abord").

Cette stratégie est non seulement déshonorante mais dangereuse et inefficace.

Le nationalisme économique, concrétisé par la sortie de l'UE et de l'euro, ne peut se traduire que par une baisse massive du pouvoir d'achat et de nombreuses destructions supplémentaires d'emplois, comme est en train de nous le prouver le Brexit pour le Royaume Uni.

Dans une économie fortement internationalisée depuis 50 ans, toute mesure brutale et unilatérale est contre-productive à court terme.

Le nationalisme politique, concrétisé par la fermeture des frontières aux réfugiés, est lui aussi non seulement déshonorant, mais aussi inefficace et dangereux.

Les réfugiés existent, qu'on le veuille ou non.

La fermeture de nos frontières ne fait que favoriser le trafic des passeurs et multiplier le nombre de clandestins, victimes désignées de tous les trafics de la pègre (des marchands de sommeil aux proxénètes et aux recruteurs de la petite délinquance).

Face à ces impasses du nationalisme, les écologistes invitent nos concitoyens à voir large, haut et loin.

Prendre les problèmes à la racine est indispensable pour pouvoir les traiter vraiment.

Cela suppose d'élargir notre regard à l'état du monde dans son ensemble ("penser global").

Nous sommes face à une crise mondiale, qui est une crise de civilisation. Il s'agit bien aujourd'hui de changer notre façon de vivre pour pouvoir vivre ensemble, mieux, et en paix.

Cela signifie entamer la transition de notre économie vers la sobriété énergétique, ce qui passe par la relocalisation progressive de la production et des activités dans le cadre d'une mondialisation enfin maîtrisée.

Il faut stopper la course au libre-échange non régulé, en refusant le Traité Transatlantique (Tafta) tel qu'il est actuellement négocié entre l'UE et les USA : dans la non-transparence et le rapport de force permanent qui favorise la loi du plus fort (en l'occurence les USA et leurs firmes transnationales).

Reprendre la maîtrise de nos échanges extérieurs en y incluant des critères sociaux et environnementaux.

Faire évoluer la politIque de l'UE vers plus de solidarité entre pays en cessant d'imposer une austérité contre-productive aux pays surendettés comme la Grèce, l'Espagne et le Portugal.

Cela suppose moins de nationalisme et davantage d'internationalisme.

Cet internationalisme est aussi indispensable pour traiter à la racine la question des attentats et des réfugiés.

Et tout d'abord, attention, pas question d'amalgamer réfugiés et attentats, comme le fait la démagogie fasciste. On sait bien que dans trois cas sur quatre, les attentats sont commis non par des réfugiés, mais par des immigrés de longue date, de 2e génération ou des nationaux.

Par contre, il y a bien un lien entre les deux. Quel est-il ? C'est celui du prétexte des attentats, qui est la non-assistance aux populations condamnées à l'exil par la guerre. Et ceci principalement en Syrie, où Daech n'a pu s'implanter et recruter que grâce à l'absence d'aide occidentale aux Syriens révoltés contre la dictature sanglante et impitoyable de Bachar Al-Assad.

Mettre fin à cette dictature en aidant la fraction démocrate de la révolution syrienne est le moyen radical de permettre aux 4 millions de Syriens exilés de pouvoir rentrer chez eux reconstruire leur vie et leur pays saccagés.

Ce faisant, on tarira en grande partie les arguments de recrutement des filières djihadistes, ce qui réduira d'autant le nombre de candidats aux attentats anti-occidentaux.

Mais plus largement, c'est toute une politique de solidarité euro-méditerranéenne qui est à mettre en place. Pour permettre aux populations révoltées contre les dictatures et le mal-développement de construire leur avenir. Et ainsi ne plus faire de la Méditerranée un mouroir pour les désespérés. Et des pays d'origine des viviers de recrutement pour le djihadisme armé.

Ce qui suppose une remise en cause de la politique européenne de l'asile, des accords de Schengen, de Dublin au dernier accord UE-Turquie. En promouvant une politique d'accueil et d'hospitalité solidaire.

Tout cela passe par une relance de l'Union Européenne pour en faire une union des peuples, et non plus une union des banquiers et un espace de confrontation des nationalismes.

Tel est le projet que vous proposent les écologistes. Ambitieux, il est cependant le seul réaliste dans le monde tel qu'il est, et non tel que la propagande démagogique des nationalistes (et de tous ceux font leur jeu par électoralisme mal placé) vous le dépeint mensongèrement.

Rassemblons-nous autour de ce projet pour construire une majorité de progrès en France en 2017.

Pour le Pain, la Planète, la Liberté et la Paix,

par un nouveau Front populaire, écologique, antiraciste et européen !

Concrètement, pour cela deux étapes se présentent à nous :

-Une primaire des écologistes fin octobre pour désigner un candidat aux présidentielles, qui devra ensuite collecter 500 parrainages d'élu-e-s.

Trois candidats sont en lice : Cécile Duflot, Yannick Jadot et Karima Delli. Chaque citoyen peut y participer à condition d'acquitter une participation aux frais de 5 € .

Voir le site : https://primaire.eelv.fr/

-Une primaire de la Gauche en janvier, dont l'enjeu sera d'imposer une candidature alternative crédible à celle de F.Hollande, seule susceptible de créer une dynamique victorieuse sur des bases écolo-compatibles.

Les positionnements des uns et des autres doivent permettre de construire ce résultat pour l'instant improbable : des convergences existent sur le programme, elles doivent aboutir à une convergence sur la personne apte à le porter.

Publié dans Verts et EELV

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