Face à l'abandon de Hulot

Publié le par Henri LOURDOU

Présidentielles 2017 : face à l'abandon de N.Hulot

La candidature de N.Hulot était potentiellement -mais de façon de plus en plus problématique- la seule façon d'éviter la "guerre des Gauches" et donc la défaite du camp progressiste en 2017.

La "politique du pire" a donc un boulevard devant elle. Mais on doit encore se poser la question de "comment limiter les dégâts ?"

Les scenarii Grec, Espagnol et Britannique doivent nous éclairer. Mais également, et fondamentalement, l'état du champ politique français.

La place des écologistes

Balayons d'abord devant notre porte : les écologistes seront absents du débat, alors que leurs idées devraient en être le centre.

La priorité est bien de reconstruire d'abord un parti écologiste crédible. David Cormand aura-t-il les épaules assez larges pour s'émanciper de ce qui reste de la "firme Duflot-Placé" ? Il a en tout cas l'impératif devoir de reconstituer l'unité d'un parti déchiré par les zig-zag opportunistes de cette camarilla d'arrivistes sans principes.

Eviter une candidature Duflot est une première mesure de salut public. Le corollaire étant de refuser toute négociation non transparente sur le sauvetage de quelque siège parlementaire que ce soit. Notre crédibilité est à ce prix.

Avoir un-e candidat-e aux présidentielles devient une condition de survie politique :il est bien évident que ce ne sera pas facile entre les pressions des uns et des autres, que ce soit du côté des mélenchoniens, avides de s'emparer du magot de l'écologie, tels des coucous, ou du côté de l'appareil du PS, soucieux de dégager le terrain pour son candidat (de moins en moins) naturel.

La candidature de Yannick Jadot pourrait ressouder les rangs du parti, en retissant des liens avec toutes les composantes de la Gauche. Elle doit s'accompagner d'une offre de pacte transparent sur les législatives autour de priorités claires, sans prime aux sortants, mais avec des circonscriptions réservées en nombre suffisant.

Encore une fois, ce n'est pas en jouant les "sauveurs suprêmes" dans le cadre de la "guerre des Gauches" que nous éviterons le pire.

Eviter le pire

La victoire de la Droite est probable, comme l'a bien analysé Hervé Le Bras dans son stimulant essai sur "Le nouvel ordre électoral". Contrairement à ce que je pensais, la nouvelle donne du Brexit peut remettre la question européenne au centre, ce qui crédibiliserait une candidature centriste (j'ai entendu une analyse qui m'a semblé intelligente sur les chances d'une candidature Bayrou en cas de candidature Sarkozy). (PS Ecrit avant la déclaration honteuse et mensongère de Bayrou à propos de la "mosquée salafiste" et de la "communauté musulmane fanatisée de Saitn Etienne du Rouvray" : plus qu'une faute, un crime. On attend un mea culpa.).

Mais une victoire de l'Extrême-Droite n'est pas inenvisageable.

Ce qui est à peu près sûr, en l'état actuel des choses, c'est le caractère destructeur, à Gauche, du duel annoncé Mélenchon-Hollande. La question se résume ainsi : est-ce le borgne qui va renverser le fauteuil du paralytique, ou le paralytique qui va réussir à crever l'oeil du borgne ? Je laisse ce spectacle aux amateurs de "gore".

Nous devrons donc arbitrer sur la moins mauvaise solution à Droite ou au Centre.

Là se situera notre responsabilité.

Publié dans Verts et EELV

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