AG décentralisées d'EELV : un bilan sur 3 congrès

Publié le par Henri LOURDOU

AG décentralisées d'EELV : un bilan sur 3 congrès.

Nous venons de tenir le 28 mai 2016 les 3e AG décentralisées prévues par nos statuts depuis la création d'EELV en 2010, et qui constituent la 1e phase de nos congrès fédéraux.

Il me semble utile de faire un rapide bilan de l'évolution de notre parti depuis lors.(sources : "La Tribune", brochures de convocation officielle aux adhérents des 3 congrès + résultats en ligne des AG décentralisées)

Bilan quantitatif : nombre d'adhérents et participation.

Le 29 mai 2011, lors de notre premier congrès, nous étions 14 153 adhérent-e-s; le 30 novembre 2013, nous n'étions plus que 10 358; et le 28 mai 2016 que 5 115.

Soit un nombre quasiment divisé par 3 en 5 ans...

Le nombre de votants exprimés est passé dans le même temps de 6 481 (soit un taux de participation de 45,79%) à 5 413 (soit 52,26%) puis 3 277 (63.63%).

Ainsi (mais cela doit-il nous consoler ?) la participation augmente avec la diminution du nombre d'adhérents...

Bilan qualitatif : le vote sur les motions d'orientation.

En 2011, l'enjeu du congrès était de savoir si "l'on refaisait les Verts en plus gros" ou si l'on approfondissait la démarche d'ouverture initiée par la campagne d'Europe écologie en 2009.

Ainsi, pour une fois, le nombre de motions d'orientations se limitait à 4.

Une motion du groupe "transpartis" Utopia (présent à la fois au PS et à EELV), une motion de la direction sortante des "Verts", menée par Cécile Duflot, une motion "Europe écologie" menée par Dany Cohn-Bendit, et une motion de l'ex-Gauche des "Verts" menée par Jérôme Gleizes.

Le résultat fut une majorité absolue dès ce premier tour pour la motion Duflot (50,25% des voix), devant la motion Cohn-Bendit (26,55%) et les motion Gleizes (18,93%) et Utopia (4,26%).

Dany Cohn-Bendit a pris la mesure de cet échec en démissionnant de sa fonction de tête de liste, puis en démissionnant d'EELV en décembre 2012.

En 2013, sur fond de tensions croissantes au sein de la majorité de gauche, les motions d'orientation se multiplient : 7 motions se présentent aux suffrages des militants.

On voit émerger une fragmentation des courants "de gauche" (avec pas moins de 3 motions : une principale portée par Lucile Schmidt, Jacques Boutault (maire du 2e arrondissement de Paris) et Elise Lowy, qui recueille 20,58%, et deux plus petites, une "mouvementiste" portée par Julien Bayou (8,76%) et une anti-gouvernement portée par Michèle Le Tallec (4,12%).

La tendance "Utopia" se tasse à 3,47%.

On voit réapparaître une tendance "identitaire écolo", menée par Alexandre Jurado à 6,3%.

L'ex-tendance "Cohn-Bendit", menée à présent par Marie -Pierre Bresson et le sénateur de Paris Jean Desessard voit son score réduit à 17,07%.

Enfin la tendance "Duflot", menée par Emmanuelle Cosse, David Cormand et Sandrine Rousseau, plafonne à 38,30%.

La majorité est donc reconduite, grâce à la prime majoritaire accordée dans nos statuts à la liste arrivée en tête.

En 2016, alors que notre parti est au fond du trou, suite à l'entrée au gouvernement du trio Cosse-Placé-Pompili et à la disparition de notre groupe parlementaire, la direction sortante réussit à tirer son épingle du jeu en jouant la carte du repli identitaire et du "rassemblement" sur des bases qui restent toujours aussi floues que sa tactique zig-zagante des 5 années précédentes : avec 34,90% des voix (motion Cormand-Toussaint-Bayou-Tondelier, D "réinventer"), elle vire en tête, loin devant les motions Coulombel-Rousseau (Motion A, "l'écologie en commun", 23,89%), qui tout en faisant un bilan sans concession de notre passage au gouvernement, spécule sur un mouvement social paré de toutes les vertus en faisant l'impasse sur une possible alliance avec la gauche institutionnelle, Arevalo-Juste (motion C, "Europa", 16,80%), seule motion à ne pas renoncer à notre stratégie d'autonomie contractuelle, Lowy-Pradier (motion B ,"L'imprévu", 16,92%) qui invite au seul repli sur les fondamentaux écolos et "l'ouverture à la société", et Brochard-Joyeux (motion E, "tic tac", 7,49%) qui insiste surtout sur le dysfonctionnement interne du parti.

Faire une majorité cohérente avec ces résultats ne sera pas facile : nous aurons donc sans doute droit aux mêmes zig-zag que précédemment avec un discours "ultra-gauche" et une pratique opportuniste, basée sur les intérêts de carrière d'une petite sphère de dirigeants au service de Cécile Duflot, qui se prépare à devenir la candidate du parti aux présidentielles 2017, après avoir attendu passivement l'échec de la primaire ouverte des gauches et des écologistes, primaire soutenue par la seule motion Europa.

Mince satisfaction : le succès remporté par Europa en Midi-Pyrénées (1e motion avec 31.17% des voix, devant "réinventer" à 25.32%), qui confirme en quelque sorte le succès de la démarche suivie pour les régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées : une vraie autonomie contractuelle qui a fait avancer nos pièces sur l'échiquier politique et constitue un passionnant laboratoire pour la reconstruction d'une alternative majoritaire au niveau national. Voir le site EELV Midi-Pyrénées : http://midipyrenees.eelv.fr/

Publié dans Verts et EELV

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