Malaise dans la parentalité : liberté pour les enfants !

Publié le par Henri LOURDOU

Malaise dans la parentalité :

liberté pour les enfants !

C'est un sujet négligé et pourtant fondamental : celui des rapports que nous entretenons avec nos enfants.

Un article du supplément "L'époque" du journal "le Monde" ("Bleus interdits" par Guillemette Faure, "Le Monde" daté 15-16 et 17 mai 2016) pointe très bien cet enjeu majeur.

Disons pour résumer que nous surprotégeons nos enfants, tout en les laissant paradoxalement à l'abandon.

Nous les surprotégeons en leur ôtant toute liberté de mouvement non surveillé, et en leur donnant le message subliminal que l'espace public et les autres sont un danger. Et ceci alors que "les voitures freinent mieux, les aires de jeux sont tapissées de revêtements amortissants, chaque adulte est équipé d'un téléphone portable, les taux d'homicide n'ont jamais été aussi faibles et les rarissimes affaires de kidnapping sont quasiment toujours le fait de proches de l' enfant."

Et la rançon de cet enfermement physique est un quasi abandon au monde virtuel, seul espace de liberté qui leur est concédé : "Certains ne laisseraient pas leur enfant aller chercher seul une baguette, mais autorisent des jeux vidéo interdits aux moins de 18 ans."

Le résultat commence à se voir massivement dans nos écoles, et de plus en plus dans toute la société.

Nous fabriquons massivement des adultes malheureux et mal dans leur peau, incapables de prendre leur vie en main et portés à la recherche de bouc émissaires.

Liberté pour les enfants : tout commence par là.

PS : Le plus atterrant dans cette affaire est de voir les réactions de certains lecteurs du "Monde" à cet article sur le site lemonde.fr. Visiblement ils ne savent pas lire : pour eux c'est la preuve de l'échec d'une éducation égalitariste et socialo-libérale. Tout le contraire de ce que dit l'article !

Et je citerai pour conclure cette belle phrase tirée du n° spécial du "Courrier de l'Unesco" consacré en 1968 aux 20 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, et que j'avais apprise par coeur : "Les enfants n'appartiennent à personne. Ni à leur famille, ni à l'Etat, ni à la société. Ils n'appartiennent qu'à leur future liberté."

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