Face au pire : se battre pour l'improbable

Publié le par Henri LOURDOU

Faire bonne figure face au pire

"C'est toujours au moment où l'on pense que les choses ne peuvent plus empirer qu'on se rend compte qu'elles sont déjà bien pire qu'on ne le pensait. Et qu'elles empirent encore." dit le héros de la "trilogie berlinoise" de Philip Kerr, en 1938.

"Nous sommes dans une époque où de plus en plus dominent le calcul, l'intérêt, le profit, la finance et l'anonymat.Nous voulons une civilisation où, au contraire, se développent la convivialité, l'amitié, la solidarité, les relations personnelles. Nous rassembler est donc le premier objectif. Ensuite, élaborer une pensée qui nous permette de changer de voie, de sortir de celle qui conduit notre monde à la catastrophe. De nouvelles poussées d'humanisme, de civilisation pourraient en émerger.Nous n'en sommes qu'au stade préliminaire, il faut d'abord prêcher contre le sens dominant des événements, contre le probable.Il faut se battre pour l'improbable. Cela me fait penser à une anecdote. En 1960, Che Guevara demande à Fidel Castro : "Quand les Etats-Unis reconnaîtront-ils Cuba ?" Et Fidel lui répond : "Quand le président des Etats-Unis sera noir et le Pape argentin". Ce qui me fait espérer, c'est l'inattendu."

(Edgar MORIN, dans un entretien croisé passionnant avec Florence AUBENAS à l'excellent magazine "Altermondes", hors-série de l'automne 2015).

Battons-nous donc pour l'improbable : le retour de la paix en Syrie, par la négociation d'une vraie transition démocratique et la reconstruction d'un Etat capable de nouer les partenariats nécessaires à la victoire militaire contre Daech. Et permettre ainsi le retour des 4 millions de réfugiés.

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