Pour honorer la mémoire de Dominique Latrille

Publié le par Henri LOURDOU

Pour honorer la mémoire de Dominique Latrille (1937-2015)

Ingénieur du Génie Rural et des Eaux et Forêts, Igref, selon l'acronyme qui le réjouissait, il était délégué du Défenseurs des Droits pour le département de l'Ariège, militant associatif multicartes et inépuisable, principalement dans la défense des droits humains, spécialement ceux des migrants, et dans l'économie sociale et solidaire. Adhérent du PS depuis 1974 au moins, il était "rocardien", et pour cela il était devenu DDA de la Corrèze en 1983 et avait été "placardisé "en 1986 lors de l'arrivée de Chirac à Matignon, il avait terminé sa carrière comme adjoint au DDA de l'Ariège, tout ceci après avoir milité plus jeune dans le mouvement des scouts de France, où il avait rencontré son épouse Roseline, compagne de bien de ses entreprises et dans la Vie nouvelle, groupe d'origine catholique de la mouvance personnaliste. Il était aussi le père de la femme dont je partage la vie depuis 28 ans, et avec qui j'ai élevé trois enfants. Mais plus qu'un beau-père, il était pour moi comme un grand frère, avec qui je me comprenais à demi-mot.

Voici ce que j'ai prononcé lors de la soirée organisée au centre culturel de Foix selon ses volontés pour évoquer sa mémoire avec tous ses amis, après sa crémation dans le cadre familial.

Il devrait suffire de dire que Dominique Latrille était juste quelqu'un de bien.

C'est-à-dire un homme libre et fier, qui s'est contenté de faire son devoir d'humain parmi les humains, et rien de plus.

Il n'a jamais revendiqué la moindre reconnaissance pour cela. Cette modestie n'avait rien d'affecté.

Il pouvait donc passer pour ce que certains appellent de façon ambigüe un "noble idéaliste".

Aux deux malentendus opposés qui se cachent derrière une telle appellation, je souhaite pourtant objecter de la façon la plus ferme.

Le premier malentendu associé à l'expression de "noble idéaliste" serait sa supposée naïveté. Or Dominique n'avait rien d'un naïf; il était parfaitement lucide sur les imperfections de ce monde et de ses contemporains. Mais cela ne suffisait pas à ses yeux pour justifier le refus de s'engager, y compris en adhérant à un parti, même si l'essentiel demeurait pour lui l'associatif.

Etait-il alors un "noble idéaliste" dans le sens plus positif d'une "personne exceptionnelle" ?

Je crois qu'il récusait cette deuxième option. Toute sa vie est là pour en témoigner. Et c'est ici qu'il faut sans doute expliquer davantage la raison de son étonnante modestie.

Celle-ci, je l'ai déjà dit, n'avait rien d'affecté : Dominique ne faisait pas semblant d'être modeste, il l'était réellement. Et ceci pour une raison qui allait pour lui sans dire, mais que je crois nécessaire de dire ici.

Pour lui, se comporter comme un humain parmi les humains était chose naturelle et facile, non exceptionnelle et difficile.

Il pensait qu'il n'était pas nécessaire de prêcher ou de discourir pour cela. Il suffisait de faire et de donner à voir. Chacun étant à même d'en tirer pour lui-même les conséquences.

Ainsi chaque fois que nous serons à la hauteur de nos devoirs d'humain parmi les humains, nous sentirons l'ombre de Dominique sur notre épaule. Et nous honorerons sa mémoire.

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