Onfray, Marianne et compagnie : Le social-nationalisme, voilà l'ennemi !

Publié le par Henri LOURDOU

Onfray, Marianne et compagnie :

Le social-nationalisme, voilà l'ennemi !

Ainsi, l'Histoire se répète hélas : dans les années 30, nous avions eu les néo-socialistes avec Déat et Marquet, les doriotistes (issus du PCF); aujourd'hui nous avons un quarteron d'intellectuels médiatiques, soutenus par un pseudo-journal.

Les uns comme les autres se récrient à l'idée d'être assimilés aux fascistes honnis, mais ils contribuent à acclimater leurs idées dans le paysage français.

Ainsi, Michel Onfray s'est laissé aller à dire dans le "Figaro" (médium loin d'être neutre...) qu'"on criminalise la moindre interrogation sur les migrants" et sur "France culture" que les idées de Le Pen seraient finalement compatibles avec celles de Mélenchon et qu'il serait bon de "fédérer les souverainistes des deux bords".

Après quoi, bien entendu, il se plaint d'être la victime du "politiquement correct", mais il se trouve néanmoins quelques défenseurs pour organiser un grand meeting des néo-nationalistes de gauche et du centre : l'hebdomadaire "Marianne" (qui loue la salle), Régis Debray, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Jean-François Kahn, Jean-Pierre Le Goff, Jean-Pierre Chevènement...

Tout ce beau monde va nous expliquer "que nous ne sommes pas avec Marine Le Pen et que nous existons à gauche, que nous ne sommes pas instrumentalisés. Nous sommes de gauche. Ceux qui nous traitent de fascistes ne veulent pas penser." (Le Monde, 20-21 septembre 2015).

Penser contre le social-nationalisme

C'est ce que je fais dans ce blog, et que beaucoup d'autres font. Le procès d'intention de M. Onfray est à la mesure de son contre-aveu : "Nous sommes de gauche", répète-t-il, comme pour conjurer qu'il est passé, effectivement, de l'autre côté.

Car la gauche, depuis 1789 qu'elle existe, c'est l'ouverture et l'accueil aux autres et le principe d'égalité universelle. Ainsi que le rappelle opportunément Patrick Weil, qui lui n'a pas abdiqué ces valeurs, c'est la Convention nationale qui a créé en 1793 le principe du droit d'asile et qualifié l'esclavage de crime de "lèse-humanité".

Cette Histoire-là, nous ne l'avons pas oubliée.

Il en découle directement ces couplets de la Marseillaise rappelés par Edgar Morin (un vrai intellectuel de gauche, lui) :

Couplet 11 :

La France que l'Europe admire

A reconquis la Liberté

Et chaque citoyen respire

Sous les lois de l'Egalité (bis)

Un jour son image chérie

S'étendra sur tout l'univers

Et vous aurez une Patrie !

Couplet 12 :

Foulant aux pieds les droits de l'Homme

Les soldatesques légions

Des premiers habitants de Rome

Asservirent les nations (bis)

Un projet plus grand et plus sage

Nous engage dans les combats

Et le Français n'arme son bras

Que pour détruire l'esclavage.

Que disent ces deux couplets ? Rien d'autre que ce notre époque nous offre comme défi à relever : passer de la souveraineté nationale à la souveraineté mondiale en construisant la solidarité entre les peuples sur la base de l'Egalité des droits de tout individu.

Pour cela, loin de fermer nos frontières, nous devons en faire (car elles existent, nous n'en doutons pas) des passages protégés pour garantir le droit de chacun à la liberté et à la sûreté.

Les restrictions indiscriminées, que réclament le Front national et ceux qui le rejoignent, ne font qu'alimenter le fond de commerce des passeurs qui contrôlent au lieu des Etats les flux migratoires, et les orientent donc à leur guise.

Face à cela, le chacun pour soi est complètement dépassé : il n'y a pour vrai alternative que la construction de règles communes européennes, en attendant d'avoir des règles mondiales.

Au lieu de se mobiliser contre les moulins à vent du "politiquement correct" qui n'est en fait que la mauvaise conscience de leurs propres turpitudes, les nouveaux croisés du "social-nationalisme" feraient bien mieux de se mobiliser pour une politique européenne d'hospitalité, conforme aux vraies valeurs de Gauche.

Publié dans social-nationalisme

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